Interviews

Ludmilla Cerveny, photographe (Nancy, France)

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CxC : Salut Lu ! Pour commencer, alors t’en es où dans ta coupe de cheveux maintenant ? (ndlr : on peut retrouver Ludmilla rasée, coupée au bol etc…)

Lu :  Ils sont super longs, j’ai une chevelure de rêve. En vrai, ils sont en train de pousser. J’ai la pire coupe. La Mireille M. si tu vois ce que je veux dire. J’aime bien changer souvent. J’utilise d’ailleurs mes autoportraits pour un projet  Identités  (http://www.ludmillacerveny.com/1/how-to-face-reality/) qui traite du jugement que l’on a d’une personne. Parce qu’on ne pense pas la même chose de cette fille avec les cheveux rasés que la fille avec les cheveux plus longs, et pourtant le visage est strictement le même.

 CxC : Les lecteurs de CxC ne te connaissent sûrement pas tous, peux-tu te présenter et nous parler de ton travail de photographie plus particulièrement ? Ça fait longtemps que tu pratiques ?

 Lu : Je suis Ludmilla, j’ai 23 ans et je suis étudiante en architecture à Nancy et j’ai commencé à faire de la photo vers mes 15 ans. Je me suis toujours intéressée au portrait des gens qui m’entourent et qui m’intéressent. J’ai photographié toutes mes copines du lycée et ensuite beaucoup de celles et ceux en archi. J’ai des giga octets de photos dans des disques dur obscurs chez mes parents, des CD… Parfois je m’y replonge pour bien me marrer ! Ce que j’aime finalement c’est que je documente ma vie et la façon dont je prends les photos.

 CxC : Quand on visite http://ludmillacerveny.com/ on note des thèmes assez récurrents, tu peux nous en dire plus ? Que recherches-tu dans le portait ou le paysage par exemple ?

 Lu : Je m’intéresse beaucoup à la complexité de la psychologie humaine. Quand je photographie quelqu’un, il arrive souvent que cette personne n’en ait pas envie ou qu’elle se sente un peu déstabilisée. Et pourtant, les portraits les plus forts que j’ai fait sont ceux des personnes les moins sûres d’elles. Le portrait me paraît une exploration importante et désormais je vais essayer de plus me mettre en retrait et de photographier en observant et non plus en « plaquant » la personne sur un mur blanc. Les dernières photos que j’ai faites à Paris sont comme ça, un moment entre amis, que je photographie sans demander, comme ça, au fil du temps passé ensemble. J’aspire à des images « cinématographiques ».

 La série Je broie du blanc (http://www.ludmillacerveny.com/1/blanc/) est une sorte de promenade, sur un fil, horizon ou corde à linge, hors du temps et mélancolique. J’ai essayé de développer une narration, les images vont deux par deux, elles se répondent, à part une du milieu et la dernière. En ce sens, oui, on est proche de la série Visages/Paysages où j’associe un visage à un paysage.

  J’aspire à des images « cinématographiques ». 

 CxC : Comment et pourquoi choisis-tu tes modèles ?

 Lu : Ce ne sont pas des modèles, ce sont des gens que j’aime. Ou des gens qui m’intriguent, me fascinent. Alors je marche à l’affect et au coup de cœur.

 CxC : Une anecdote particulière qui te ferait plaisir de nous livrer à propos d’une rencontre ?

 Lu : La photo c’est de l’aventure. Quand Marguerite est venue chez moi, elle a décidé sur un coup de tête que Julien (mon copain) lui coupe les cheveux. Ca nous a donné des archives incroyables !

CxC : En plus de la photographie, tu fais de l’édition et de la vidéo un peu non ? Parle nous de tes publications !

 Lu : Pour ce qui est de la vidéo, on est sur une collaboration, Julien et moi, avec Carl M. On fait un genre de vidéo bizarre, pas un clip mais avec de la musique quand même, et des images mi abstraites/mi concrètes. Sinon en vidéo je suis vraiment dans l’expérimentation, je suis encore perdue.

  Pour les éditions, j’aime bien mettre en page alors je me fais des petits livres. J’en ai déjà fait 4 ou 5. Sinon je fouine pas mal sur le web pour dénicher des projets de fanzine participatifs alors des fois mes photos font des apparitions. Sinon je collabore un peu avec le French Fourch, une maison d’édition indépendante.

 CxC : Sinon côté actu ça donne quoi ? Après t’être fait bronzer la couenne au soleil on te retrouve où ?

 Lu : Au My Monkey ! Je vais bientôt commencer à monter mon expo au 15 du trop-cool faubourg des 3 maisons à Nancy (http://www.mymonkey.fr/ ). L’expo s’appelle Profils parce que mes photos et des accrochages parlent du web et des rencontres que j’y ai faites. Le vernissage sera le 22 septembre au soir et l’expo dure jusqu’au 30 octobre. Il y a en plus une vidéo, une petite édition à 50 exemplaires et une playlist musicale gratuite avec seulement 3 artistes dessus.

 CxC : Avant de se quitter, t’as quelque chose à nous glisser à propos de ton usage des couvre-chefs ? 

 Lu : Un jour, j’étais en voyage aux USA, on avait visité une ferme amish et j’avais fait un caprice pour qu’on m’achète un de leurs grands chapeaux noirs. Par la suite, j’ai appris que mon chapeau signifiait «jeune homme bon à marier » et du coup à chaque fois que je croisais des Amish j’avais trop peur qu’ils me tapent dessus !

CxC : Merci pour ta collaboration ! À la prochaine l’amie !  

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