Couvre x Tapes

Couvre x Tape #28 – Konga Konga (+ interview)

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Konga Konga est un producteur et DJ basé à Nancy. Après un premier EP en 2013 chez B.YRSLF DIVISION, il est maintenant signé en tant qu’artiste sur le label BAZZERK (label qui a fort participé à la reconnaissance du kuduro en dehors des frontières angolaises). Rencontre avec Konga et son mix, la Couvre x Tape #28 , est déjà en écoute.


INTERVIEW

Couvre x Chefs | Raconte-nous Konga Konga, comment t’es tu retrouvé, en vivant à Nancy, à sortir un EP sur B. YRSLF Division puis un titre sur une compilation du label BAZZERK, au beau milieu de légendes vivantes du kuduro, batida et autres taraxxo comme DJ Nigga Fox, Nidia Minaj, Lycox ou encore DJ Marfox ?

Konga Konga | Je me suis retrouvé un jour à créer un compte Twitter et un compte SoundCloud. Je postais assez fréquemment des tracks avec SoundCloud. Sans trop savoir, je produisais des morceaux qui avaient une sonorité un peu logobi. À cette période de ma vie, je n’avais aucune connaissance de cette scène. Je n’écoutais pas beaucoup de musique et je produisais des tracks pour m’amuser. C’est presque par hasard que Crabbe (NDLR : du duo Jess & Crabbe) m’a contacté et m’a demandé de lui envoyer des tracks plutôt que d’en poster sur SoundCloud. Progressivement, il  y avait des morceaux qui ressortaient plus que d’autres. On a fait une méga compil des tracks et ensuite pouf ça a fait mon premier EP (NDLR : Naturalism EP, sorti chez B.YRSLF DIVISION en 2013). C’était une période où j’ai beaucoup appris de choses d’un point de vue de la production musicale et j’ai pu prendre mes marques sur des courants musicaux. En tout cas c’est un super avantage d’avoir un DA comme Crabbe sans vouloir lui faire de la pub ou quoi.

Pour le track  de la compil BAZZERK, c’était un track en réserve que Crabbe a mis dessus car il devait coller avec le reste.

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Konga Konga, chez l’épicier.

CxC | BAZZERK, c’est le label de Jess & Crabbe, deux grands noms de la french touch (entre autres), qui décident en 2011 (peut être même avant ?) de tout miser sur le kuduro et la musique électronique résolument tournée vers les rythmes venus d’Afrique. Quel regard as-tu sur ce label et quels sont les bénéfices de travailler avec eux ?

KK | C’est très enrichissant de travailler avec eux car tu apprends de milliards de trucs et astuces. Tu en apprends beaucoup sur toi et sur le monde qui t’entoure. Ce que j’en tire c’est une expérience très forte d’un point de vue musical mais il n’y a pas que cela : il y a des liens forts qui se sont tissés entre nous.

Je pense que tout ça a influencé ma façon de travailler en règle générale, et mes relations avec les autres humains.

Tout cela est tombé en plein milieu d’une de ces phases de la vie où tu as plein de désirs, plein d’idées et plein d’avis pré-conçus (cf. passage de l’adolescence à l’âge adulte). J’ai pu produire un super maxi dont je suis assez fier avec l’aide de très bons producteurs et artistes (Jess & Crabbe). J’ai pu beaucoup m’amuser et apprendre beaucoup de choses : ça m’a rendu heureux et peut-être un peu plus intelligent.

O Pântano Dos Perigos de Konga Konga, extrait de BAZZERK FREE BUCKET #2.

CxC | Revenons-en aux origines : quel est ton parcours dans la musique ?

K2x | Mon parcours dans la musique est très similaire à n’importe quelle personne de ma génération qui a touché de près ou de loin à la musique. J’ai écouté des disques, j’ai rencontré un logiciel de MAO et j’ai fait de la musique. Et tout cela m’a beaucoup plu et à partir de là, je me suis beaucoup amusé.

CxC | Comment définirais-tu ta recherche musicale en tant que producteur ?

Konga Konga | Je veux juste m’exprimer d’une manière ou d’une autre mais en dissimulant un peu mes pensées. J’aurais pu faire du dessin, écrire des livres, faire de la sculpture avec des allumettes ou faire du saut à l’élastique. Mais c’est tombé sur la musique car je sentais que j’avais plus d’affinité avec ce moyen d’expression. Je pense que c’est plus adapté avec ma personnalité.

CxC | Parle-nous un peu du mix que tu as réalisé, qu’est-ce qu’on y retrouve, pourquoi cette sélection… ?

2xK | C’est des choses que j’aime bien écouté et qui me semblaient pertinentes à mixer entre elles.

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Des Konga-vitamines pour le rude hiver nancéien.

CxC | Quels projets ou labels trouves-tu chauds en ce moment ?

Konga | Et bah écoute, je trouve que c’est un peu la misère depuis un an et demi. Il y a peu de risques qui sont réellement pris.

J’attends vraiment des idées nouvelles qui vont recréer une nouvelle scène musicale et permettre d’attirer de nouvelles personnes sur le bateau des musiques électroniques.

Je trouve que la scène actuelle se restreint car elle reste sur des tendances qui commencent à vieillir plus ou moins bien. Il y a peut-être une crise identitaire des labels.

Les labels n’ont plus la même fonction et leur utilité peut être remis en cause car les processus de création, production et de diffusion ont changé et je trouve qu’en ce moment on le ressent beaucoup.

Je tiens à signaler que c’est juste mon impression personnelle, que je fais partie de cette scène actuelle que je critique. J’aimerais juste que cela change.

CxC | Quels sont tes projets à venir ou en cours ?

Konga Konga | J’ai pas mal de morceau dans ma besace, je me suis assez intéressé au dancehall ces derniers temps, je veux quelque chose qui fasse plus club même si je n’y arrive pas vraiment, je suis un grand sentimental (rires du Konga). Je vais sortir un EP dans peu normalement, il est pour ainsi dire fini et j’ai d’autres projets plus ou moins mystérieux comme les soirées P***e  C***b à Nancy, et aussi faire des morceaux  un peu heartbreak  (je suis un grand sentimental (autres rires du Konga)).

Naturalism EP de Konga Konga sorti sur B.YRSLF DIVISION en 2013.

Konga Konga est sur SoundCloud, Bandcamp, Facebook et Twitter.

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