Chroniques / Musique

Worldwide Arena, le dancehall de King Doudou

This post is also available in: English

The Original King Doudou l’avait annoncé, ce projet est orienté « Rap / Dancehall / Cumbia, and everything in between ». Après un premier EP l’an dernier, la KD Compil #1, focalisée sur la cumbia et ses expérimentations électroniques, notre sorcier (inter)national préféré remet une seconde couche de wax sur la platine et délivre…

Worldwide Arena, la compil dancehall de King Doudou

Au menu de celle-ci : trois pistes inédites, ainsi que leurs versions (comprendre ici, version instrumentale). On commence avec Cumbia de la Verdad, petite transition avec le EP antérieur de King Doudou qui faisait la part belle à la cumbia donc, et mise en évidence de la similitude entre ces deux musiques (le reggae et la cumbia). On retrouve l’incontournable producteur et chanteur Paco Mendoza, invité à toaster ce titre.

Ensuite, l’aventure continue avec le Reggae Mix de King Doudou de Two Words, chanson originale de l’artiste reggae / dancehall né canadien mais élevé en Jamaïque, Face-T. King Doudou revisite le classique de Face-T avec une production beaucoup plus électronique que l’originale, en lui ajoutant un lourd beat fort bienvenu et un coup de génie (l’expression est faible) placé dans l’utilisation de l’autotune sur les vocalises de Face-T. Une nouvelle version qui donne de la résonance (dans tous les sens du terme) au discours de Face-T, et donc, on espère que le message est arrivé jusqu’aux oreilles du Prime Minister.

S’en suit Pockets Empty, feat. Steven Deh Ooh, chanteur reggae établi à Lyon. Le riddim du titre est très inspiré de l’incontournable Sleng Teng riddim, principalement utilisé dans le classique de dancehall de Wayne Smith Under Me Sleng Teng.

Enfin, le poto de Mexico Pablo Borchi, producteur, DJ et fondateur de Cassetteblog, signe un remix de Cumbia de la Verdad fortement teinté de hip-hop !

Worldwide Arena, le EP en écoute intégrale !

Worldwide Arena Artwork by Cool Carliff King Doudou

Worldwide Arena dispo en CD et accompagné d’un splendide poster dessiné par Cool Carliff !

Worldwide Arena Artwork by Cool Carliff King Doudou

Le CD de Worldwide Arena dans sa sleeve façon « vinyle ».

Worldwide Arena Artwork by Cool Carliff King Doudou

Le CD de Worldwide Arena sorti de la pochette.

 

Un hommage à la culture musicale et visuelle jamaïcaine

Le riddim

C’est très courant dans le dancehall, ou le reggae, d’utiliser un riddim déjà existant afin de composer une nouvelle piste. Le riddim, dans la culture musicale jamaïcaine, est la partie instrumentale d’une chanson, très souvent composée uniquement de la batterie et de la basse. Le titre Pockets Empty de King Doudou et Steven Deh Ooh utilise donc cette référence à la culture originale jamaïcaine en utilisant un riddim célèbre. Pour ceux qui veulent pousser plus loin, la mixtape de King Doudou et du Marciano’s Crew de Buenos Aires dont on parlait ici utilise également quelques riddims populaires comme le Bam Bam riddim dans la piste Pelo Pincho.

La version

Le EP de King Doudou a l’originalité d’inclure les versions, terme faisant référence aux « versions instrumentales » des pistes, donc sans le chant. Ce procédé est également caractéristique de la culture jamaïcaine, c’est très courant de trouver un vinyle dont la face A est la piste chantée, et dont la face B est la piste instrumentale, la « version ». On retrouve également cette coutume dans les origines du rap, où l’on peut parfois même jouir de la version a capella (un délice étant donné l’importance du flow et du phrasé dans le rap). La musique électronique n’est pas en reste, par exemple Sound Pellegrino compte certaines sorties sur lesquelles on retrouve le titre original, la version instrumentale, et l’a capella. Ces procédés favorisent donc la culture du remix, du bootleg, de l’edit… bref, la culture DJ au sens large, car ceux-ci se retrouvent avec toutes les pièces nécessaires pour composer de nouvelles pistes avec des éléments préexistants.

La culture visuelle

Enfin, une troisième raison pour laquelle Worldwide Arena est un splendide projet référence à la culture jamaïcaine : le visuel du EP, signé Cool Carliff. Bien que moins évident que l’artwork du projet Inna Style N Fashion sorti chez Mixpak et produit par Douster, le visuel de Worldwide Arena tire de bonnes références du travail de l’illustrateur jamaïcain Wilfred Limonious, auteur d’innombrable pochettes de LP jamaïcains des années 80 et début 90. Wildred Limonious est célèbre pour avoir marqué de son style proche du « dessin animé », résolument comique et géométrique, l’univers visuel de la culture musicale jamaïcaine. Quand culture visuelle et bonne musique parlent l’un pour l’autre et fonctionnent de la sorte, merveilleusement, c’est quand même formidable. Le premier EP de King Doudou était déjà un très bel hommage à la cumbia, musicalement, comme esthétiquement, on se rappelle de l’incroyable poster réalisé en sérigraphie (dispo dans l’édition physique limitée du disque !), référence aux évènements de cumbia chicha péruviens. Un jour je parlerai de l’univers visuel des Sonideros mexicains… un jour… en attendant voici une petite galerie de travaux du designer Wilfred Limonious :

Wilfred-Limonious-mission-impossible

Wilfred Limonious, Mission Impossible.

Wilfred-Limonious-clash

Wilfred Limonious, CLASH, inna dance hall style.

Wilfred-Limonious-various

Wilfred Limonious, compilation.

Wilfred-Limonious-death-inthe-arena

Wilfred Limonious, Death In The Arena.

Wilfred-Limonious-frankie-paul

Wilfred-Limonious, cover de Shut Up Bway de Frankie Paul.

Tags: , , , , , , , ,

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*