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Elegante & La Imperial (Interview + Couvre x Tape #16)

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Outre Atlantique, il y a beaucoup de talents que l’on souhaite vous faire découvrir chez Couvre x Chefs. L’un d’entre eux s’appelle Elegante & La Imperial et vient de Lima, Pérou. Sous ce pseudonyme, qui sera largement expliqué dans l’interview qui suit, Daniel Martinetti est un producteur et DJ qui a construit sa carrière comme il a construit sa musique : en emboitant son background musical house et les rythmes tropicaux de ses racines. À l’occasion de la sortie de son premier album « El Sonido de Las Lobas », j’ai pu poser une série de questions à Elegante & La Imperial afin d’en savoir plus sur son parcours. Il nous a même réalisé une Couvre x Tape exclusive en écoute juste ici :

Pionnier de la tropical bass au Pérou

Couvre x Chefs : Salut Daniel ! Tes collègues de maison de disque Dengue Dengue Dengue me racontaient que tu avais été un des initiateurs à Lima du courant « tropical bass » à Lima, j’entends par là que tu as été un des premiers à expérimenter le mélange des rythmes natifs (cumbia, chicha etc…) avec la musique électronique. Comment as-tu commencé et quelles ont-été tes inspirations ? Un événement ou un artiste en particulier t’a inspiré ?

Elegante & La Imperial : Si on parle de fusionner des styles de musiques électroniques contemporains avec des rythmes natifs on peut dire que oui j’ai été un des incitateurs. Il faut remonter à la fin des années 90, quand j’avais 14 ans, j’ai peut-être été un des premiers au sein du cercle des producteurs de musique électronique au Pérou à avoir cette volonté de mélanger les genres. Il faut dire qu’on était très peu à faire de la musique électronique à l’époque.

Je vis dans une ville qui est la fusion de plein d’influences donc je pense que le fait de vouloir mélanger notre culture autochtone avec des rythmes venant d’autres parties du monde est venu naturellement. Quand j’ai commencé à m’impliquer dans la musique électronique, j’étais dj et je mixais de la house avec la configuration classique : deux platines et une table de mixage. Mais comme je n’avais pas beaucoup de vinyles house, j’utilisais aussi les disques de mes oncles, de mes grands-pères et je me retrouvais à faire des sets qui incluaient donc de la house mais aussi du rock, de la musique afro péruvienne, des valses créoles et parfois même de la musique classique. J’utilisais tous les disques que j’avais, ça me permettait de travailler la synchronisation entre les pistes. Ensuite, quand j’ai commencé à produire de la musique, c’est à dire quand j’ai découvert qu’il existait des programmes pour créer de la musique (MBooM, FastTracker, Impulse Tracker), en 1998, c’est à ce moment là que j’ai appris à sampler… j’ai donc eu besoin d’avoir de la musique sur CD ou en wav pour la passer plus facilement à l’ordinateur. Je n’avais pas internet et j’avais très peu de musique en CD, j’utilisais toujours beaucoup de cassettes, donc j’empruntais les CD qu’il y avait dans la maison de mon grand-père. C’est comme ça que j’ai découvert d’autres valses créoles, de la musique péruvienne en général et de la musique classique. Je samplais les ressources que j’avais, qui appartenaient à d’autres artistes, afin de commencer à composer. À l’époque la musique que je produisais ressemblait plus à de l’IDM et mes premiers édits ou remixes officiels furent ceux de chansons comme « Toromata », « Cuando llora mi guitarrra » ou « Regresa » qui sont de véritables hymnes des valses péruviennes et de la musique afro péruvienne.

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Elegante & La Imperial live !

En 2010 j’ai eu l’idée de fusionner la dubstep avec le lando (rythme afro péruvien), grâce à des samples tirés d’un vinyle de Chabuca Granda (que j’ai depuis l’époque où j’ai commencé à mixer). C’est comme ça que j’ai composé deux titres (« Lundu Lando » et « Malambo ») dans un genre que j’ai appelé l’afrostep. C’est à ce moment-là que j’ai voulu marquer un tournant dans mon travail et me concentrer sur ce que j’avais été en train de faire toutes ces années sans me rendre compte : la fusion des genres. J’ai donc changé mon surnom, je suis passé d’Elegante (que j’écris parfois 31364n73) à Elegante & La Imperial. L’idée vient des camions qui traversent le Pérou chargés de marchandises : ils ont tous des slogans à l’arrière, j’ai trouvé qu’Elegante & La Imperial pourrait être un de ces slogans et quand j’écoute ma musique c’est exactement ce que j’imagine : être en train de conduire un camion, profitant du paysage, sur l’autoroute, avec de la musique péruvienne.

CxC : Penses-tu que ce soit l’évolution naturelle des rythmes afro péruviens ? Je m’explique : petit à petit l’ordinateur est en train de remplacer tout ce qui nous entoure, crois-tu qu’à un moment c’est devenu inévitable que ces genres comme la cumbia ou la chica qui étaient jusqu’alors joués par des groupes avec des instruments, deviennent électroniques et soient composés par ordinateur ?

Elegante & La Imperial : Je crois oui. D’ailleurs c’est de cette manière qu’ont perduré beaucoup de rythmes natifs du Pérou. Une grande partie de notre musique pourrait avoir disparu parce que peu de gens l’ont entretenue à l’époque où elle est apparue et je crois qu’aujourd’hui, grâce à la nouvelle génération de musiciens dont je fais partie, nous sommes en train de revaloriser et de renouveler cette scène musicale locale. On peut parler d’une évolution « solide » de ces rythmes car il me semble que la musique électronique permet une fusion efficace, ce qui aide à ré-intepréter digitalement notre musique.

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Elegante & La Imperial version « live band »

Elegante & La Imperial : du DJ set au groupe complet

CxC : « Elegante & La Imperial » à l’origine c’est ton projet solo au sein duquel, durant tes live, tu es seul derrière ton ordinateur et autres machines. Maintenant lors des soirées tu proposes une variante où tu joues avec un groupe complet sur scène. Qui compose ton groupe et quelles sont les particularités de ces deux concepts ?

Elegante & La Imperial : Quand j’ai changé le nom du projet de « Elegante » à « Elegante & La Imperial », je pensais que l’étape suivante serait de former un groupe afin de pouvoir réinterpréter les thèmes que je produisais en solo de manière traditionnelle, c’est à dire avec un vrai groupe qui allait s’appeler « La Imperial ». Quand j’ai terminé mon premier album « El Sonido de Las Lobas », j’ai décidé de lancer vraiment ce projet de groupe. J’ai convoqué quelques amis, desquels j’admire le travail, et leur ai proposé de monter le projet suivant : Elegante & La Imperial allait avoir deux facettes, l’une est un live act avec des musiciens sur scène, et l’autre est un dj set hybride qui inclut une partie live réalisée uniquement avec des machines et un dj set au sens propre où je passe des disques pour danser. La formation live avec le groupe est plus comme un rituel, il faut plus la voir comme un voyage. Le groupe se compose de 4 personnes : Fefa Cox (voix), Alejandro Leon (basse), Max (percussions) et moi-même.

Avec le groupe nous avons écrit des paroles pour les pistes instrumentales de l’album, et nous inclurons ces nouvelles versions sur une réédition d’ « El Sonido de Las Lobas » à venir bientôt. Nous sommes aussi en train de travailler sur ce qui sera le disque suivant. Ce sera une fusion de compositions clairement électroniques et d’autres avec du chant et des instruments.

Clip de Puro Comer d’Elegante & La Imperial et son live band

CxC : Pourquoi as-tu voulu faire évoluer ton projet en un véritable groupe ?

Elegante & La Imperial : J’ai toujours voulu donner plus de vie à mes titres de musique électronique et je sens qu’en les jouant avec des instruments en live je leur donne cette touche organique dont ils avaient besoin.

Sortir à Lima : « TOMA ! » ou « Puro Cachascan » ?

CxC : Je sais que tu fais partie du line-up des soirées « TOMA ! » à Lima, avec Dengue Dengue Dengue, Animal Chuki, Qechuaboi… mais tu joues aussi dans les évènements « Puro Cachascan », c’est toi qui les organises ? Quel est le concept ? Et surtout, pour nous européens… ça veut dire quoi « Puro Cachascan » ?

Elegante & La Imperial : Exact, c’est moi qui organise les soirées « Puro Cachascan ». Le nom vient d’un type de spectacle qui nous est venu du Mexique : la « lucha libre » (NDLA : le fameux catch mexicain avec les masques et une bonne dose de spectacle, immanquable lors de ton prochain séjour au royaume des tacos) mais au Pérou nous l’appelons « cachascan ». L’idée des soirées « puro cachascan » est de faire des évènements au cours desquels non pas des catcheurs masqués s’affrontent, mais des dj’s ! Nous invitons des dj’s de styles différents comme par exemple un groupe indie, des dj’s tropical bass, des dj’s house ou bien drum’n’bass… chaque artiste dispose d’une heure pour faire un set afin de convaincre et faire danser les gens. C’est un peu un mélange de tout, comme l’est ma carrière musicale : un mix de house, tropical bass, electroclash, IDM, techno… j’ai voulu faire une soirée à ma propre sauce. Bon et pour la petite histoire, ma track « Puro Comer » (NDLA : premier single du premier album d’Elegante & La Imperial)  commence avec un sample qui dit « purocachascan, purocachascan… » donc la boucle est bouclée.

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Visuel de la soirée TOMA! édition spéciale « Sortie de l’album d’Elegante & La Imperial »

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Les incroyables visuels des soirées Puro Cachascan avec les lutteurs masqués !

CxC : Au début ton projet s’appelait donc simplement « Elegante », quelle différence y a-t-il entre « Elegante » et « Elegante & La Imperial » ?

Elegante & La Imperial : Comme je te le disais plus tôt, quand j’ai commencé avec le nom Elegante, ou 31364n73, j’expérimentais plutôt des musiques plus abstraites comme l’IDM, la minimal… Ce projet fut actif entre 2000 et 2008. J’ai ensuite fait un break pour faire des recherches et laisser murir ma musique, puis après, je suis revenu comme Elegante & La Imperial. À ce moment là j’ai su que ce que je voulais faire c’était fusionner les rythmes natifs du Pérou et d’Amérique latine avec des rythmes contemporains de musique électronique.

CxC : J’ai pu écouter ton disque, sorti chez Terror Negro (dispo ici), on y retrouvait pas mal de mashups. Expérimenter avec les mashups t’a permis de mieux définir le style que tu voulais avec Elegante & La Imperial ?

Elegante & La Imperial : Oui totalement. À ce moment là mon côté tropical était influencé par Dengue Dengue Dengue et les Frikstailers (NDLA : groupe argentin signé sur le label ZZK Records) qui faisaient beaucoup de mashups et j’ai voulu moi aussi expérimenter dans ce domaine, mais avec ma touche personnelle. Je crois que ce que j’ai mélangé la première fois c’était du deep house avec de la cumbia. Ce que je mixais à ce moment là je l’appelais « deep cumbia », il y avait des titres d’Art Department ou Seth Troxler, ralentis et mélangés avec de la cumbia. Cette manière de faire des mashups a influencé aussi ma manière de produire. Ça s’est fait naturellement, étant aussi producteur de deep house, il fallait juste laisser les chemins se rencontrer.

« El Sonido de Las Lobas », premier album d’Elegante & La Imperial sorti chez Auxiliar

CxC : Tu a sorti cet été ton album « El Sonido de Las Lobas » (dispo ici) sur Auxiliar, le label de Dengue Dengue Dengue, c’est ton premier album de tropical bass ? Tu as senti que c’était le bon moment dans ta carrière musicale pour le sortir ?

Elegante & La Imperial : Oui c’est mon premier album tropical bass. C’est un disque que j’ai terminé de composer en 2012 mais je pense que ces deux années d’attente avant de le sortir ne se ressentent pas, le disque reste très frais !

CxC : Quelle évolution représente ce disque dans ta discographie ?

Elegante & La Imperial : Comme je te disais, ce disque est prêt depuis fin 2012 mais il a mis un peu de temps avant de sortir. Je voulais qu’il sorte chez Auxiliar, le label de mes amis les chicos Dengue Dengue Dengue, car c’était important pour moi que la première maison de disque de mon projet soit péruvienne. D’ailleurs Auxiliar commence tout juste en tant que label, voilà pourquoi j’ai attendu avant de publier ce disque, mais ça a valu le coup. Maintenant mon son actuel est dans la continuité de ce qu’on peut entendre sur El Sonido de Las Lobas, j’espère avoir un nouvel album terminé pour mars 2015.

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Artwork d’El Sonido de Las Lobas, le premier album d’Elegante & La Imperial

CxC : Pourquoi avoir choisi Auxiliar pour sortir ton disque ?

Elegante & La Imperial : Parce qu’Auxiliar m’a beaucoup soutenu, dans le sens où ils ont commencé le mouvement tropical bass au Pérou presque seuls, ils ont monté les évènements qui sont le cœur de ce mouvement et ils m’y ont toujours invité. Donc quand ils ont eu l’idée de monter leur propre label on s’est tout de suite mis d’accord sur le fait que mon premier disque sortirait chez eux et c’est ce qui s’est passé.

Toute l’image du disque est réalisée par Yerko Zlatar, un artiste local et ami. Auxiliar se charge de toute la distribution physique et digitale.

CxC : Tu utilises toujours des noms très spécifiques pour définir les styles de tes compositions, par exemple : dumbia, chicha digital, marinera bass ou plus généralement tropical bass… c’est une manière d’identifier les différents rythmes natifs avec lesquels tu travailles ?

Elegante & La Imperial : Oui, c’est une façon de baptiser mes expérimentations sonores quand elles commencent à donner quelque chose. Par exemple l’afrostep est la fusion du landó avec le dubstep. Je trouve que c’est une variation très riche et je continuerai de l’expérimenter… d’ailleurs je serais très heureux que d’autres l’expérimentent aussi ! La marinera bass est un style que je continue de travailler aussi, bien que le rythme de «marinera » soit un peu plus complexe, j’ai déjà une idée précise de ce que je veux faire. Ensuite la chicha est un genre que j’ai toujours aimé et qui est encré dans mon subconscient grâce à « Chacalon Y La Nueva Crema Grupo », groupe duquel j’adore toutes les chansons je crois. Ce son de guitare qu’ils ont, c’est ce que j’essaye d’imiter avec mes claviers.

CxC : Dans « El Sonido de Las Lobas » tu as utilisé beaucoup de rythmes de cumbia, c’est le style qui t’a le plus inspiré ?

Elegante & La Imperial : Oui on retrouve sur ce disque beaucoup de rythmes de cumbia villera (NDLA : style propre à l’Argentine) et de cumbia plus traditionnelle du Pérou sous des nappes de deep house sur lesquels je pose des mélodies chargées en distorsion qui imitent les guitares de chicha.
J’adore le rythme de la cumbia car tu peux autant le danser que l’écouter posément. C’est hypnotique.

Elegante & La Imperial vs. Danny eM

CxC : Tu es aussi directeur de ta propre école de musique électronique : WARP. Peux-tu nous décrire ce projet ?

Elegante & La Imperial : WARP, dont le nom fait référence à une fonction du logiciel Ableton Live, est un espace où j’organise des ateliers dédiés à la création de musique utilisant des moyens électroniques. Je donne des cours de production de musique électronique, mais aussi de DJing, tout en essayant de développer la culture électronique en partageant mon expérience. Depuis quelques temps, j’ai l’impression que bien que la technologie nous facilite beaucoup le fait de produire et de mixer, il se peut que certains oublient la technique ou les racines de la musique électronique…. C’est là-dessus que j’aime insister dans mes cours. J’invite aussi des amis musiciens pour faire des démonstrations, et je cherche des talents locaux afin de leur faire obtenir des bourses et de les aider à se développer.

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Le logo d’Elegante & La Imperial s’inspire de l’imagerie traditionelle de cumbia d’Amérique latine

CxC : Elegante & La Imperial est donc ton projet orienté fusion de musiques électroniques et de musiques afro péruviennes, mais en dehors de ça tu produits aussi dans des registres différents comme la house sous le nom de Danny eM. Que t’apporte cette dualité ? C’est important pour toi de continuer ces deux projets en même temps ?

Elegante & La Imperial : Exactement. Comme je te le disais, j’ai commencé comme DJ et mes premiers disques vinyles de musique électronique étaient de la house. C’est comme ça qu’est né mon amour pour cette musique. Au début de mixais uniquement de la house et produisais de l’IDM et d’autres musiques expérimentales. Depuis 2008-2009, dans le break  que j’ai pris de mon projet initial « Elegante », j’ai commencé à produire vraiment de la house, de l’electro et de la techno.

En 2010, j’ai débuté « Elegante & La Imperial », mais ma carrière comme DJ house était déjà bien entamée donc je me suis retrouvé avec ces deux facettes et je m’en sors bien jusqu’aujourd’hui.

Pour moi je ressens autant le besoin de créer et mixer de la house et de la techno comme celui de créer et mixer de la tropical bass. Avant tout ça me fait plaisir, ça me comble en quelque sorte. Et puis des jours je suis plus house et d’autres plus tropical hahaha.

CxC : Comment as-tu découvert la musique électronique ? C’est une scène populaire au Pérou aussi ou tu devais plutôt t’orienter vers des boutiques ou endroits pour les spécialistes ?

Elegante & La Imperial : C’est grâce à mon grand frère qui allait à des raves vers 96 que j’ai écouté pour la première fois de la musique électronique : des groupes comme The Prodigy, Chemical Brothers, The Orb, Orbital Atari, Teenage Riot … mais aussi des mixtapes de DJ locaux à l’époque comme Hugo Boccio. Ensuite, en 1998, j’ai vu à la télé un show des Beastie Boys, aux MTV Music Awards. C’est là que j’ai vu Mix Master Mike pour la première fois et je suis resté fasciné par ce DJ qui créait de la musique avec des disques vinyles et une table de mixage. À l’époque je n’y connaissais rien en matériel. Plus tard, cette même année, dans les réclames de The Source (NDLA : Magazine rap nord-américain) j’ai vu une publicité pour des kits de DJ amateurs… j’ai donc compris ce dont j’avais besoin exactement. J’ai commencé à mettre de côté pour m’acheter mes premières platines et ma table de mixage. Au début je voulais apprendre à scratcher, mais comme la scène rave était en plein boom au Pérou c’est plutôt vers ça que je me suis tourné. Un autre événement marquant est quand mon frère est allé vivre en Argentine : il m’a envoyé mes premiers disques de house « actuels » comme la house de Chicago, de New York, le UK Garage…

CxC : Quels sont tes artistes favoris, tes références de musique électronique ?

Elegante & La Imperial : Sans ordre particulier, les DJ’s et producteurs de toujours : Aphex Twin, James Blake, Danny Tenaglia, Dj Sneak, Autechre, Takeshi Muto et les disques de Schematic Music company (mes amis collectionnaient des disques d’IDM quand j’étais adolescent et ils restent pour moi une grande référence au jour d’aujourd’hui), Dj Koze, Vitalic, Miss Kittin & The Hacker, Dj Hell et Gigolo Records, Giorgio Moroder, Frankie Knuckles, Larry levan , Jean-Michel Jarre, Lee Foss, Seth Troxler, Armand Van Helden, Matthew Herbert, Señor Coconut,  Daniel Bortz, Nicolas Jaar… beaucoup !

Des locaux, je citerais : Dengue Dengue Dengue, Animal Chuki,  Deaf Pillow,  Deltatron, Chakruna, He Did, Luis Leon, Qechuaboi, Two’s Tones.

CxC : Et à l’inverse, tu te rappelles comment tu as commencé à écouter de la musique afro péruvienne ? Tu as grandit avec de la chicha, du lambó, de la cumbia etc ?

Elegante & La Imperial : Si tu es péruviens tu écoutes ces rythmes natifs depuis toujours, au moins dans ma génération. Les grands-parents eux écoutaient plutôt des valses péruviennes, de la musique afro péruvienne traditionnelle et de la cumbia classique. D’ailleurs, la chicha, je ne l’écoute même pas comme quelque chose de traditionnel, pour moi c’est ce que j’entends dans la rue, ce doux son, tendre, que j’entendais quand j’allais au marché quand j’étais enfant, je ne savais même pas ce que c’était mais ces sonorités sont restées dans mon cœur jusqu’à les redécouvrir à l’âge adulte. J’adore le son de la chicha péruvienne et l’ambiance qu’ont les marchés populaires de la capitale de mon pays.

CxC : Quels sont tes prochains projets  après ton album qui vient de sortir ?

Elegante & La Imperial : Il y a d’abord un nouveau single, puis une seconde version de « El Sonido de Las Lobas » qui inclura les versions chantées de certains morceaux du disque. Je suis aussi en train de travailler sur ce qui sera le successeur de cet album. En fait j’ai l’habitude composer de la musique et voir ce qui en découle après. J’espère que mon album « El Sonido de Las Lobas » sera écouté en dehors de mon pays et partir en tournée avec mon groupe et / ou ma formation DJ set.

CxC : Merci beaucoup pour le temps que tu as pris pour répondre à nos questions !

Elegante & La Imperial : Merci à vous pour votre intérêt, ça me touche beaucoup. Big up de Lima, Pérou !

Puro Comer, en version originale !

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