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NKC : « Des morceaux durs, syncopés et percussifs. Hard Drum »

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Le Hard Drum king NKC effectuera sa première date en France le vendredi 4 mai à Paris à la soirée Plage Club (toutes les infos sur l’événement Facebook). C’était l’occasion de poser quelques questions à l’un des pilliers de la nouvelle scène électronique d’Angleterre.

 

CxC | Comment as-tu commencé la musique (production et Djing) ? Quel était ton but ?

NKC | J’ai commencé la production en jouant avec un plugin de boîte à rythme qui s’appelle Hammerhead. Tu pouvais faire des boucles de 16 mesures avec des samples de 909 et des breaks de jungle. J’exportais ça sur audacity et faisais des morceaux avec. Puis, un ami m’a donné FL Studio 5 quand j’ai eu 16-17 ans et j’ai commencé à produire de la musique influencée par le UK Funky, après évoir écouté des morceaux de Apple, Roska et D-Malice. J’ai envoyé certains de mes premiers morceaux à Jam City, Brackes, L Vis 1990 et Lil Silva qui ont commencé à les jouer, ce qui m’a donné envie de continuer puisque j’adorais leurs DJ sets.

Je suis avant tout un producteur, et composer était plus important à mes yeux que mixer, mais je voulais trouver un moyen de jouer ma propre musique en live. Mon frère a acheté des platines, et, avec lui, j’ai appris à mixer des morceaux de drum and bass. Au bout d’un moment j’ai acheté des CDJs et j’ai commencé à mixer un mélange de genres percussifs, du UK Funky, de la house, de la house d’Afrique du Sud, un peu de techno…

« J’ai fait mes premiers DJ sets dans un club d’Hereford en 2009, me chargeant du warmup pour MJ Cole et L Vis 1990 avant que je n’ai l’âge légal pour y entrer. » NKC

 

 

CxC | Qui et que sont tes influences principales ?

NKC | J’ai eu des CDs de garage de Pure Silk dans la voiture quand j’apprenais à faire de la musique, les batteries syncopées et les rythmes un peu cassés ont probablement eu un impact sur la musique que je produisait, le UK funky et tout ce que jouaient des DJs funky comme Roska, Markus Nasty, Razzlerman, LR Groove, DJ Eastwood, Lil Silva et des mecs comme Dubble Dutch, Dc Daneeka, Mosca et T williams à cette époqe. Tout cela a influencé ce que je tentais de produire dans les premières années où j’ai commencé à faire de la musique, en 2009-2011. Il y a eu un moment en 2012 quand ce son funky a commencé à baisser en popularité. J’ai donc exploré d’autres styles comme la grime ou des choses influencées par le rap, même s’il y avait toujours ces bizzarreries rythmique. Je n’ai sorti aucunes de ces tracks.

Depuis 2013 et mon affiliation à Her Records, j’ai entamé ce qu’on pourrait appeler un retour aux sources musicals, en faisant ce que j’essayais de faire lorsque j’ai commencé : tout simplement des morceaux durs, syncopés et percussifs.

Cela dit, je dois avouer que j’ai été de plus en plus influencé par la tribal house et les morceaux un peu violents de Dutch house. J’ai découvert des artistes de tribal tels Peter Rauhofer (aka Size Queen), Ralph Factory, Peter Presta et un Dj que j’ai rencontré à LA – Pachuco – m’a initié à quelques producteurs Hollandais comme Genairo Nvilla et Fabrie, qui font de la drum musique bien violente. Dans mes DJ sets, j’ai juste relié les points entre ces artistes, et beaucoup d’autres, et j’ai composé mes morceaux dans un style similaire.

 

 

 

NKC, le Hard Drum king

CxC | Tu es devenu l’ambassadeur du style « Hard Drum ». Comment le définirais-tu et comment le différencierais-tu (ou l’assimilerais-tu) à d’autre styles/scènes/labels anglais (Nervous, Horizon, Sans Absence…)?

NKC | Comme tu peux l’imaginer à partir de ce que j’ai dit jusqu’alors, la musique que je fais est un mix de genres percussifs qui vont du UK Funky à la tribal house en passant par le bubbling, la dutch house, peut-être le kuduro et encore d’autres genres. Les grosses batteries de carnaval, les percussions saturées, les mélodies minimales, voire l’interraction entre les sons de batterie et les samples blindés d’effets.

Même si j’ai été, en même temps que MM et Suda (et sûrement beaucoup d’autres artistes « hard drum ») influencé par tous ces genres, tu ne peux pas vraiment dire que ce que nous faisons fait partie d’un seul genre. Je ne mixe que des tracks qui sont à la limite de genres comme le UK Funky (Jan Driver – Rat Alert par exemple), la tribal house (Nick Harvey – Drum O Rama). Je pense aussi que le concept de genre est profondément lié aux gens, à l’époque et au lieux qui les ont vu se développer. Il n’est pas juste de s’auto proclamer DJ « UK Funky » alors même que tu n’étais pas là, impliqué dans la création du genre quand il a émergé.

 

 

 

 

Quand tu suffisament de tracks qui sont composés dans un style particulier, mais que tu ne peux pas vraiment donner de nom à ce style sans évoquer tout ce que j’ai dit plus haut, c’est qu’il est temps d’avoir une petite phrase sous la main.

« Quand on a sorti mon ep Hague Basement sur Her Records en Mai 2016, dans la presse il y avait cette phrase « hard drum experiment » ou quelque chose comme ça. » NKC

On a donc commencé à appeler ça de la Hard Drum comme une blague quand on était à Londres, et des gens comme Akito ont commencé à m’appeler le « hard drum master » pour se moquer. Au bout d’un moment le surnom est resté et je l’ai adopté. Je suis très fier du fait que d’autres personnes ont commencé à utiliser le terme « Hard Drum » pour parler de la musique faite dans ce style. Les nouveaux arrivants sont les bienvenus, et en ce qui me concerne j’adore quand les gens m’envoient des démos qu’ils ont fait dans une optique hard drum. J’espère que l’expérimentation sonore ira plus loin et que les gens se l’appropriont chacun à leur façon. Certaines personnes utilisent juste le terme « Drum » quand ils parlent de ce genre, je suis curieux de voir quelle appelation va perdurer.

Je n’aime pas trop l’idée de la différenciation, tu dois respecter ce que les gens ont fait et donner du crédit aux pionniers de chaque genre, mais je n’aime pas l’approche compétitive de la musique parce que ce n’est absolument pas en adéquation avec ma façon de faire qui est très collective et dans une démarche de mouvement culturel au sens plus large. Je dirai que Nervous Horizon fait de la hard drum à leur propre sauce, mais ils couvrent un spectre musical plus large que je ne le fais ou que le sont les sets de ETS [NDLR : Even The Strong, le label de NKC]. Ils joueront plus volontiers de la Gqom, du kuduro ou des trucs complètement différents. Ils sont liés à Acid Fantasy qui sont bien plus ouverts dans leur vision musicale. Pour moi, Sans Absence est plus focalisé sur les éléments mélodiques et je pense qu’ils tendent plus vers la bass music, le UK Funky et le grime. Par contre, Akito a définitivement une approche musicale similaire à la mienne, très influencée par le UK Funky et destinée aux club bangers.

Aujoud’hui je considère ETS comme un maillon d’une scène plus large en Angleterre et à l’international, faite de collectifs d’artistes, de labels et de crews organisateurs de soirées tels que SA et NH, mais aussi Super Kitchen, Flood, Club Comfort, NAAFI, Boko! Boko!, Tobago Tracks, Nostro Hood System, Wild Combination, Gang Fatale et plus encore, et c’est très encourageant pour l’avenir.

 

 

Even The Strong, le label / soirées estampillées Hard Drum de NKC

CxC | Comment as-tu décidé de lancer ETS (Even The Strong) ?

NKC | J’ai commencé ETS en janvier 2017. L’idée était de créer une soirée club spécifiquement pour les DJs et les producteurs qui gravitaient autour de cette mixture de sons percussifs. À l’époque, je ne pense pas qu’il existait un espace pour que beaucoup d’entre eux puisse jouer ce type de son, avec un vrai public, mais plutôt des gigs dans des petits bars et des clubs minuscules. J’ai pensé que ça aiderait de rassembler un public dans un lieu spécifique plutôt que d’avoir un auditoire dispersé géographiquement, ce qui est très souvent le cas quand tu te focalises plus sur les releases que sur les soirées.

J’ai eu la chance de vivre à l’époque dans un entrepot aménagé dans le nord de Londres, c’était donc le premier lieu d’organisation des soirées. Toutes les soirées qui étaient organisées dans cette zone avaient la garantie d’avoir des gens qui en passaient la porte, c’était l’occasion de jouer notre propre musique et d’organiser la soirée que nous voulions. Pour ces événements, j’ai été inspiré par des soirées club appelées World Unknown qui est un crew assez connu à Londres parce qu’ils se focalisent sur des lieux cools et arrivent à maintenir une atmosphère assez chaleureuse très « entre potes », j’ai donc essayé de reproduire cette expérience dans la mesure du possible. J’ai l’impression que la scène musicale et le son auquel je suis rattaché m’apporte beaucoup d’amour sur internet et est assez représenté dans beaucoup de petits bars/clubs à Londres, mais ça manque de soirées qui finissent tard, qui ont lieu dans des espaces de taille moyenne avec un bon soundsystem, et c’est ce créneau que j’essaye de viser.

En Novembre 2016, DJ JM a joué à la 3ème ETS dans l’entrepot. Il m’avait envoyé des tracks depuis près d’un an environ et à ce moment j’aimais vraiment beaucoup ce qu’il produisait. Je lui avait évoqué ma volonté de créer un label en même temps que les soirées, et il m’a convaincu d’aller jusqu’au bout de ce projet. J’ai commencé à travailler là dessus en 2017 et me suis débrouillé pour que tout soit prêt et lancé en novembre 2017. Le label est censé être en adéquation avec les soirées, on fait notre propre promo avec une attention toute particulière donnée à internet. Juste de la hard drum et une identité visuelle qui est en adéquation avec l’ambiance (la DA est assurée par 3000000000am).

 

Logo d’Even The Strong, le label fondé par NKC

 

CxC | Des projets à venir ?

NKC | J’ai passé beaucoup de temps à faire perdurer la dynamique d’ETS en tant que label et avec les soirées. On a une grosse soirée qui arrive en Europe pour laquelle je suis assez excité, on fera sûrement plus d’événement à Londres cet été, il y a déjà quelques sorties qui se préparent et de nouvelles personnes avec lesquelles je travaille. Avec ma propre musique, j’ai surtout fait les choses pour moi et pour mes amis plutôt que dans l’optique de sortir quelque chose en particulier. Mais souvent, c’est à ce moment là que je réalise que sortent les choses les plus intéressantes. Cela va sûrement aboutir à quelque chose de nouveau pour très bientôt.

 

 

Ne manquez pas la première date française de NKC le vendredi 4 mai à Paris avec Plage Club. Toutes les infos dans l’événement Facebook et dans le teaser ci-dessous.

 


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