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EL PLVYBXY embrasse tradition et avant-garde sur « SINTETICLUB »

Il y a quelques semaines sortait SINTETICLUB, le dernier EP d’EL PLVYBXY, sur le label de Houston MAJÍA. Sur cet EP, le producteur argentin pousse encore plus loin l’analyse des musiques qui l’entourent et leur réinterprétation et hybridation avec des genres de club music d’autres coins du globe.

Véritable point de rencontre entre rythmes afro-latins syncopés tels que la chacarera ou l’afro-candombe, et les sons club (ou new club, selon la catégorie de NTS) comme le kuduro, le footwork ou la trance, SINTETICLUB est un hommage rendu par EL PLVYBXY à son grand-père Ariel Ramirez et aux contemporains de celui-ci (Mercedes Sosa, Felix Luna, Doming Cura…), ambassadeurs et compositeurs.trices de musique folklorique argentine, chacarera en tête.

La chacarera est une danse de couple et un genre musical traditionnel du nord d’Argentine, caractérisé par un rythme ternaire et l’emploi d’instruments à corde. L’afro-candombe, aussi connu comme candombe afro-uruguayen, est un genre musical présent en Uruguay, mais également en Argentine, puisant ses racines rythmiques en Afrique et défini par l’emploi exclusif de tambours de trois (ou quatre) tailles différentes.

Après Abya Yala en 2018, SINTETICLUB marque le retour et second EP d’EL PLVYBXY sur MAJÍA. Ce qui frappe à l’écoute de SINTETICLUB, c’est la richesse des structures rythmiques et la diversité des ambiances dessinées par EL PLVYBXY. On comprend petit à petit qu’il s’agit ici finalement d’une cartographie sensible du paysage socio-culturel et historique d’une facette de la musique club argentine contemporaine. Cette facette, c’est l’expérience humaine de Gregorio Da Silva, aka EL PLVYBXY, qui puise son inspiration entre le passé artistique de ses aïeux, ses racines brésiliennes, et sa situation de producteur argentin bien ancré dans la scène de Buenos Aires et hyper connecté à la sphère club music globale comme en témoigne sa récente sortie chez Nostro Hood System (Bristol).

Déjà sur ses EPs précédents, Mineral (Agva, 2016), et Abya Yala (MAJÍA, 2018), l’approche de Gregorgio témoignait d’un profond travail d’analyse du contexte qui l’entoure. Le patrimoine mis en avant par Gregorio dans son travail permet ainsi différents niveaux d’écoute et de lecture. À première vue, SINTETICLUB est un ovni club aux rythmiques complexes mais ô combien efficaces. En diggant plus en profondeur, on peut retracer l’origine des samples, des séquences rythmiques. Une troisième écoute pourrait même pousser à analyser la relecture des rythmiques en elle-même, et ce que cette réinterprétation provoque dans notre contexte d’auditeur actuel.

Sur Abya Yala, Gregorio relatait et s’inspirait de son investigation menée sur la terre de ses ancêtres brésiliens et rendait hommage au concept de Terre pré-colombien. SINTETICLUB tend quant à lui à tisser ou mettre en évidence des ponts entre musiques traditionnelles locales du continent américain (centre/sud) et leurs racines africaines, tout en en proposant une relecture club-ready.

La parfaite illustration des connexions entre folklores distants de milliers de kilomètres se trouve dans la manœuvre réalisée par EL PLVYBXY sur le titre « Antiguo Dueño de la Flechas ». Ce morceau, qui a marqué l’inconscient de Gregorio, est interprété par la chanteuse folklorique argentine Mercedes Sosa. En accélérant le titre original à 140 BPM, la rythmique s’apparente soudain au tribal guarachero mexicain. Un résultat à mettre en parallèle avec la Guaracha Santiagueña, un genre populaire du nord-est d’Argentine, fusion de la chacarera évoquée plus haut et du chamamé, et duquel EL PLVYBXY a sorti un mix pour Pantropical récemment.

Le long des six pistes qui composent l’EP, Gregorio propose à l’auditeur sa vision d’une club music moderne empreinte de tradition. La guaracha-tech du titre d’ouverture « Insomnia » répond à la guaracha revisitée et nostalgique de « Vigilia ». « Rukutu » scrute du côté de l’afro-candombe et prend la forme d’un kuduro latino. « Acaro » connecte les percussions afro-brésiliennes et footwork . Sur « Consagración », c’est l’imparable cumbia que revisite EL PLVYBXY en y ajoutant une touche résolument inquiétante, club, et parfois reggaeton. Enfin, « Sucio Susurro » clôt l’EP en revenant aux expérimentations afro-candombe, rendant hommage au crew des voisins uruguayens Salviatek et au travail de Pobvio et Lechuga Zafiro.

SINTETICLUB d’EL PLVYBXY est sorti le 19 juin sur MAJÍA.

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